CR Finistere Nord : les Abers
#1
Même en Bretagne la chaleur était écrasante en cette fin de semaine. Une semaine à 36 degrés dans le Morbihan sans vent et où la seule manière de glaner un peu d'adrénaline était sur un toboggan nautique (je n'ai fait le toboggan de la photo que 2 fois car trop d'émotions pour moi !)
J'espérais plus frais à mon arrivée en Sud Finistère mais là bas aussi la chaleur oppressante régnait. Toute la France semblait occupée par cette canicule infernale. Toute ? non ! Car une petite frange du littoral du Finistère Nord peuplée d'irréductibles bretons résistait encore et toujours à la canicule selon Arome et semblait même offrir plus de 20 noeuds de vent ce dimanche 12 juillet. Après consultation du Verhaeghe (que j'avais déjà croisé là bas) je me suis mis en route vers Saint-Pabu avec un mélange de doute et d'espoir en tout début d'après midi
A mesure que les kilomètres défilaient le thermomètre de ma Mégane indiquait toujours plus de 35 degrés même en passant le pont de Brest ... Ce n'est que dans les tous derniers kilomètres qu'il a daigné passer sous les 30 degrés ... et là ... encore tout transpirant (j'ai beau avoir la clim dans la voiture j'essaie de pas abuser) une vision du paradis s'offre à moi : la route domine légèrement le littoral et je vois une magnifique mer bleue pleine de moutons , nimbée dans une petite brume de mer et avec de pitoresques rochers qui délimitent un cadre magnifique ... j'ouvre la vitre et je ressens un bon vent de 20 noeuds qui me pousse non pas cet air brûlant qui nous étreint depuis près de 15 jours mais un petit air sympathique à 24 degrés. Entre moi et cet Eden bleuté un seul obstacle : un gentil barbu souriant qui lève amicalement la main droite la main gauche sur la barrière ... le jugement tombe "ça va pas être possible". Derrière lui une barrière avec un sens interdit et des monceaux de voitures. J'arrive juste le jour d'une espèce de course à pied qui monopolise toutes les approches de Saint Pabu.
C'est vraiment pas de pot mais Antone m'avait filé un plan B : l'Arber Wrach n'est pas loin au moins à vol d'oiseau ... je fulmine en constatant qu'il va me falloir encore plus de 25 minutes à cause de la découpe du littoral et je ne suis pas très rassuré pour le stationnement surtout avec ma remorque. Sur place c'est pas très évident mais je vois des planchistes traverser le plan d'eau et je finis par m'enhardir dans un chemin signalé comme une impasse (Keraweget dans Google Maps). Wahou ! C'est magnifique, un plan d'eau plutôt sûr, du sable blanc, de la place pour stationner, de l'herbe pour gréer, du vent, d'autres planchistes ... que demander de plus ?
Je pars vite fait avec ma Cross 104 et ma Pure Lip 5.7 ... Un magnifique plan d'eau freeride qui donne du pur bonheur avec ce combo très léger même si il manque un tout petit peu de pêche. Ca baisse un peu au bout d'une heure et en voyant des planchistes renoncer pour une fois je suis proactif : j'ai une voile Ezzy 6.5 achetée d'occasion l'an passé que je n'ai toujours pas essayée. J'ai déjà des voiles Ezzy mais ce coup ci c'est une "Legacy" : un modèle freeride sans aucune fioriture (pas de poulies, une housse inexistante au pied de mat). Pressé de ne rien rater et sans connaître la voile, je grée globalement au pif (les indications de guindant et d'amure sont de toute manière extrêmement larges) : un doute m'étreint quand je constate qu'il n'y a quasiment aucune tension au pied de mat ... mais la voile a l'air "normale" (du moins pour une Ezzy) . Je me jette à l'eau et là ... cette voile (le bas de gamme Ezzy gréé à la va-vite ) est un bonheur ! puissante, légère elle passe très bien sur ma cross en configuration 3 straps (je suis tout de même passé en aileron freerid de 34). Et puis l'élasticité naturelle de la voile qui encaisse les rafales au point de me donner l'impression qu'il n'y en a pas. Je ferme le plan d'eau vers les 19h, ravi.
A mon retour en Finistère Sud la chaleur a eu la bonne idée de baisser : les excès de chaleur semblent enfin derrière moi